Morphologie, forme et dynamisme. Part.4

“L’individualité s’exprime magnifiquement dans le mouvement.”

De Sylvain Tesson

 

Partie une.

Partie deux.

Partie trois.

Yop mes amis! La suite de mon dossier sur la morpho arrive enfin! Je vais essayer d’être plus light cette fois, pour le dernier article, vous avez du avoir une indigestion de termes techniques, désolé d’avance, je cherche mes marques pour améliorer ma pédagogie. N’hésitez pas à me faire part de vos envies ou critiques à ce sujet.

 

Donc, on à vu dans le dernier article la posture dans une forme statique. Ici, nous allons parler de la posture dynamique.

Sports-Fails-4

On reste concentré sur la course du modèle et la torsion de la ceinture abdominale a son extrême. Impossible donc?

torsionbis1

Ici, je simplifie la forme, pour montrer la tension extrême au centre du corps et l’influence de 2 axes de forces limites antagonistes. En rouge, la course rapide et donc les jambes qui rééquilibrent. En vert, la rotation du torse, dans le sens presque inverse exagéré par le poids de la raquette, la force musculaire et l’énergie cinétique de la rotation elle même.

torsionbis2

On a ici un modèle extrêmement athlétique, permettant a sa solidité musculaire d’accompagner le mouvement, de garder la chaîne cinétique dans une tension égale et donc multiplier comme un élastique la force de départ. Evidemment, une personne d’un plus faible niveau pourrait sur ce type de mouvement se faire de la tendinite, s’arracher un muscle, un tendon ou même se créer des hernies. Ou tout simplement être même en incapacité de faire ce mouvement tout court.

torsionbis3

On peut percevoir a quel point le corps humain peut être mobile. Les forces qui lui sont appliquées étant accélérées par les zones les plus mobiles du corps. Les épaules et les hanches, permettant d’accélérer encore plus le mouvement comme quand une voiture tourne autour d’un rond point et qu’on se retrouve attiré par l’extérieur.

torsionbis4

En simplifiant la forme en mannequin. On perçoit la presque impossibilité du mouvement. On comprend que même sur une image fixe, le corps est soumis a une force extérieure. Ce type d’étirement étant d’ailleurs impossible a faire sans élan. 

torsionbis5

On perçoit mieux la chaîne musculaire et la logique élastique du mouvement.

 

torsionbis6

Superposé au mannequin, le muscle devient une série de câble élastiques permettant au corps de se mouvoir et se rééquilibrer.

torsionbis7

L’énergie cinétique des jambes + l’élan + le renvoi du poids du corps par le sol se canalise au niveau du centre du corps. Le premier axe de rotation par lequel passe l’énergie cinétique. La sangle abdominale et le bloc lombaire en bons muscles verticaux gainés correctement renvoyant l’énergie au haut du corps tout en tournant comme une vis, donc encore une fois accélérant et multipliant l’énergie de départ. Le bras droit effectuant une rotation autour du deuxième axe de rotation qu’est l’épaule. Le pectoral droit canalisant l’énergie, transmise au deltoïde avant et le biceps se pliant pour terminer le mouvement. Un bon moyen de se craquer le dos, essayez de faire cette pose juste après le réveil!  

 

torsionbis8

Un exemple de la mobilité des vertèbres. Evidemment, aucune vertèbre ne peut seule faire une rotation de 180°, sinon, c’est la rupture de la moelle épinière. Et là, vous pouvez oublier la marche et un tas d’autres fonctionnement classique de l’humain en bonne santé. Chaque vertèbre a tout de même la possibilité d’un minimum de rotation. Ce qui permet en bout de chaîne une impression pouvant aller jusqu’à presque 90°. La mobilité des vertèbres est aussi dépendante de leur taille et de leur positionnement. Pour soutenir toute la partie haute du corps, les vertèbres du bas sont plus larges que celles du haut, comme pour tronc d’arbre. Il y a la partie rachis thoracique qui intercale les cotes de la cage dans les vertèbres, donc perte de mobilité à ce niveau là aussi. La partie cervicale étant la plus mobile justement grâce a la petite taille des vertèbres et le peu de matière osseuses et musculaires autour.

torsionbis9

Axes de torsions.

Avec cet article, on voit bien que rendre le mouvement passe par un tas de systèmes et de logiques. En s’appuyant sur les règles de la dynamique, on peut exagérer a foison son effet. Mais comme d’habitude, il est bon de partir de la réalité pour ensuite l’exagérer plutôt que de faire l’inverse. Je n’ai pas fait d’illustration montrant ce qu’on peut en faire. Dites moi si ça vous permettrait de mieux comprendre!

Il est important de savoir si la forme qu’on représente est en mouvement ou pas, pour que la déformation prenne tout son sens!

Je vous à bientôt les amis!

Bâ Ismaël

La suite…

Morphologie, forme et dynamisme. Part.2

“Tout mouvement de quelque nature qu’il soit est créateur.”

De Edgar Allan Poe

Hop! Suite de mon dossier sur les multiples déformations du corps humain et comment on peut jouer avec dans le cadre du dessin.

Nous parlerons ici de cinétique* et de rendu de mouvement.

maxresdefault

Ici, un modèle découpe les 3 phases de la course a pied. Il s’agit de course de fond et non de sprint, le torse est soumis a moins de force extérieure du fait de la moindre poussée musculaire. Le sprint demande au torse de se rééquilibrer en avant au risque de partir en arrière. Ce sera sans doute pour un autre article.

course1

Version simplifiée. Ici, le corps est soumis à plusieurs forces. La gravité et donc le poids du corps que les muscles doivent faire rebondir de foulée en foulée. La solidité du sol qui renvoie en partie la masse du corps couplée à la poussée musculaire, dans un mouvement de bas en haut. Et cela, à chaque foulée. Le but pour le corps est de profiter au maximum des forces auxquelles il est soumis et les mettre a profit pour se mouvoir, le plus efficacement et le moins dangereusement possible. Ce travail est effectué par les tendons et les muscles qui transforment cette énergie en mouvement moteur. Il y a donc des muscles qui stabilisent la posture, d’autres qui mobilisent l’énergie et enfin d’autres qui la transforment en mouvement. Quand l’énergie passe, ces muscles sont tendus. Les parties molles du corps, sont elles plus visiblement soumises à la gravité.

course2

Position de la colonne vertébrale et effet de renvoi cinétique du sol sur le corps. L’effet masse molle et masse dure est exagéré. Masse dure=os et muscles tendus, masse molle=chair, graisse et muscles détendus.

course6

Comment rendre cette course à la fois signifiante et dépouillée. En en gardant les éléments fondamentaux. J’exagère donc les formes et les simplifie, dans une logique cinétique. Rondeur versus lignes droites par exemple. Je le répète, le dessin n’est pas de la photo.

course7

Ici, les informations nécessaires à mettre en valeur pour la compréhension des forces en présences. Ce qu’on doit ou pas prendre en compte pour que le mouvement soit intuitivement compris par l’œil de l’observateur. Je n’ai pas dessiné tous les muscles ni toute la masse molle. Je n’ai gardé que les parties qui influencent extérieurement le corps. Evidemment, appliqué au trait qui contient ces masses.

course8

course9

Suréxagération des formes. La logique cinétique de la course est saisie a son minimum. Et montre autre chose qu’un playmobil qui court. On est bien en présence d’une forme humaine qui s’adapte aux forces qui lui sont soumises.

J’ai pris ici un plan de coté pour faciliter la compréhension du mouvement. Mais bien sur, on peut le capturer sur d’autres angles. A chaque auteur de voir ce qu’il veut mettre en valeur dans son image, une chose est sure, quelque soit l’angle choisit, ne pas prendre en compte la transmission des masses, de l’énergie cinétique et la tension musculaire pourra nuire a la compréhension. Il est donc très important de comprendre cette donnée qui peut même être cardinale dans la composition de l’image finale.

Le modèle choisi est ici une femme sportive, mais bien sur, la règle est la même pour tout type de corps. La différence se situant dans l’équilibre masse molle/masse dure, l’age, les différentes tailles osseuses et vitesse du mouvement. Donc bien comprendre la morphologie du modèle choisi!

Ismaël Bâ

P.S: Merci à mes cours de statique analytique et graphiques. Je savais déjà que je ne bosserai pas dans le bâtiment, mais que ces notions allaient me servir dans le dessin! Merci M. Galouz!

La suite ici…

*Le mot cinétique, du grec ancien kinêtikos (« qui se meut, qui met en mouvement »), fait référence au mouvement. Par extension, il se rapporte aussi à la vitesse de divers processus ainsi qu’aux mécanismes qui l’expliquent.