Morphologie, forme et dynamisme. Part.3

“Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique ; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent, et l’habitude le remplit.”

De Marcel Proust

Bon, nous avons déjà pas mal vus l’aspect général de la torsion de hanche horizontale, la notion de cinétique et des exagérations qui peuvent y être associées. On va passer a une étude de cas, sur l’équilibre, les tensions et forces de cisaillement contre lequel le corps lutte et par quel moyen. Continuons donc a désosser la forme humaine ensemble!

Partons donc ici sur le cas du statisme. Je prends sciemment une danseuse, car un travail de plusieurs années a permis d’atteindre des limites physiques en rapport avec l’élasticité. Ce qui nous permet d’étudier comment un corps, peut tenir une position a la limite du possible, s’arrange pour que ce soit justement possible.

Rythme: « phénomène périodique associé à l’idée de « mouvement » et s’inscrivant au départ dans la dimension du temps. »

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Danseuse dans une posture que nous sommes peu a pouvoir reproduire parfaitement. Pourtant, elle existe.

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Ici, on voit le rythme de la posture. L’axe central qui est en grande partie verticale. L’horizontalité est équilibrée autour de l’axe central. On est presque en face d’une lettre avec ses pleins et déliés et plus d’un bête véhicule de l’âme. On observe qu’aucune ligne n’est droite, il n’y a que de la courbe, que de la douceur. Ce qui permet du mouvement dans le statique.

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On peut percevoir un effet d’arborescence. La base de l’axe vertical étant la fondation, la racine de la forme générale. La base se trouve plantée dans le sol, canalisée. La ligne se sépare en plusieurs autres comme les branches des arbres. Les lignes suivent donc un mouvement énergétique de bas en haut. Comme si une graine avait poussée.

Structure: « décrit d’une manière générale, la façon dont les éléments participants d’un système sont organisés entre eux. Un phénomène est dit structurel s’il est inhérent au mode d’organisation d’un système, d’une société. »

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Revenons a la statique. Ici, l’axe de gravité est représenté. Il est l’axe le plus pérenne pour que la danseuse ne chute pas. Tout l’ensemble de la posture est structuré autour de cet axe. Membres, muscles, tendons. Tout concours a rendre cette posture possible.

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Ici la position de l’ossature dans la forme.

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On remarque bien que l’ossature propre a ses limites et que seule, elle ne peut maintenir l’équilibre. Mais elle donne un cadre, une structure sur laquelle on peut s’appuyer. On a tous ces mêmes os, par contre, les proportions ne sont pas forcément les mêmes, plus grand/plus petit, plus épais/moins épais. Même la flexibilité et la composition des peut varier et permet plus ou moins à l’os une certaine souplesse.

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Ici, la musculature du dos. Celle qui permet justement de stabiliser l’ossature et donc la posture. Tout humain (sauf accident) possède ces muscles. Mais de même que pour les os, les tailles, densités, élasticité, insertions sont modulables.

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La force, l’élasticité, la solidité tendineuse et les pressions sur les os ont été façonnés par cette danseuse pendant des années. Des exercices spécialisés, des postures étudiées lui permettent cela. Ce que le commun ne pourrait pas forcement faire naturellement. Même s’il en a le potentiel. On peut parler a ce moment là d’homéostasie . On s’adapte intérieurement aux pressions ou message extérieurs et cela de manière très profonde. Evidemment, plus cet état « homéostatique » est long, plus le changement est compliqué, voir impossible. Le corps étant fait pour se dégrader, la manière dont on le frotte a l’extérieur accélère ou ralenti ce mouvement. Mais revenons au dessin et à la cohérence. Il est important d’integrer ce fait dans ce qu’on souhaite représenter. Il est logique qu’un octogénaire, en surpoids et sédentaire a peu de chance de pouvoir tenir cette position.

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Superposition du mannequin de bois. Pour faciliter la représentation, le mannequin de bois est très utile. Il simplifie les formes et facilite la compréhension. Et le dessin, c’est d’abord simplifier, voir symboliser les formes, pour seulement ensuite les complexifier.

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Je conseille donc a tous dessinateurs de passer par cette étape s’ils ont du mal a se représenter quelque chose. Il est des lors plus facile de penser l’équilibre et la forme.

Équilibre: « est le concept qui décrit les situations où les « forces » en présence – les parties dans le cas d’une métaphore – sont égales, ou telles qu’aucune ne surpasse les autres. C’est une notion qui est utilisée dans de nombreux domaines.

Un équilibre peut être statique (une roche, sur le sol lunaire par exemple) ou dynamique (le ballon tenu en équilibre sur le museau d’une otarie, l’équilibre écologique).

Un équilibre dynamique caractérise un système plus évolué où des rétroactions de sens contraire peuvent se produire pour maintenir ou tenter de maintenir un certain niveau dit d’équilibre. Cela peut mettre en jeu des complexes boucles de rétroaction, agissant le cas échéant de manière réflexe. Ainsi les organismes vivants font notamment appel aux systèmes musculosquelettiques et au système nerveux pour permettre des mouvements volontaires, s’adapter au contexte de la pesanteur. Chez l’homme, l’oreille interne permet de maintenir une posture en équilibre quelconque (debout, marche, course…). L’étude et la pratique de l’équilibre seulement se nomment l’équilibrisme et plus particulièrement sur un fil le funambulisme.

L’absence d’équilibre caractérise une situation de déséquilibre. »

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Le changement de position implique un décalage sur l’axe d’équilibre. Poids X distance. Plus la distance est longue, plus le déséquilibre est présent. On reste sur une position statique, mais si on était sur de la dynamique, ce ne serait que la photo du moment de déséquilibre, qu’il a un autre moment serait récupéré par le positionnement de la jambe gauche.

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Correction du déséquilibre. En écartant les jambes, la forme du triangle apparaît. La forme des pyramides, tiens donc? La gravité et son poids c’est aussi une histoire d’empilement. En gros, plus la base est large, plus l’équilibre est solide. L’épine dorsale est plus fine en haut, plus large en bas. La ou les lombaires de la danseuse de la précédente illustration doivent gérer une grande partie de la force de cisaillement. Elle sont ici soutenues par les jambes, et les forces qui passent par cette partie du corps sont diffusées de manière plus naturelle sur les parties basses.

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Découpage du mouvement en gardant des postures équilibrées.

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Découpage du mouvement en gardant des postures équilibrées.

 

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Le cisaillement, c’est un type de déformation appliquée à un matériau. Ici, le corps humain. Il s’agit donc de la force de gravité appliquée aux parties les plus faibles du corps. En clair, les parties les plus mobiles; épaules, hanches, voir genoux. Ici le cisaillement s’applique exagérément au soutient des membres qui sont sur un axe horizontal. Les parties mobiles ont donc, pour maintenir ce type de position, besoin d’une grande force, élasticité et précision.

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Rapport de masses en général. Le gris, représente l’axe vertical, celui auquel s’attachent les parties horizontales. On constate que la partie droite et gauche on un pourcentage plus ou moins égal. L’axe de l’équilibre du corps est logiquement pile au milieu.

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Je reviens ici sur la torsion. Il est possible de tourner le buste dans un angle de 90° maximum, mais pas à 180°. On déchausserait les os de la colonne, les tendons et certainement de la chair. La torsion de 0° à plus ou moins 90° est donc dépendante de la capacité élastique et des forces extérieures. Ici, on est sur du statique, le seul poids réel a gérer, est la gravité. Pour cette danseuse, la torsion est 1 sur le coté, 2 en arrière et 3 en rotation à plus ou moins 65°. 3 angles de torsions que je montre d’un autre point de vue.

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Tension musculaire et points d’encrage. Les muscles sont comme des câbles élastiques. Comme un lance pierre, la force élastique s’appuie sur le support de chaque extrémité élastique et de la manière dont on s’éloigne ou s’approche d’eux. Plus la tension est forte, plus le renvoi sera puissant. Evidemment, un lance pierre avec un seul point d’encrage, impossible de tendre l’élastique. Cette tension permet de solidifier la posture. Pouvoir la comprendre afin de la montrer dans l’oeuvre finale est importante. Elle est signifiante, toujours du geste que l’on veut communiquer.

Voilà pour ce long article. J’en suis d’ailleurs désolé, mais je tenais à être assez complet. Le dessin, c’est une discipline qui en réunit tellement que c’est une discipline sans fin et ça c’est génial. Elle aide a profondément comprendre le monde.

 

Bâ Ismaël

La suite ici… 

Morphologie, forme et dynamisme. Part.2

“Tout mouvement de quelque nature qu’il soit est créateur.”

De Edgar Allan Poe

Hop! Suite de mon dossier sur les multiples déformations du corps humain et comment on peut jouer avec dans le cadre du dessin.

Nous parlerons ici de cinétique* et de rendu de mouvement.

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Ici, un modèle découpe les 3 phases de la course a pied. Il s’agit de course de fond et non de sprint, le torse est soumis a moins de force extérieure du fait de la moindre poussée musculaire. Le sprint demande au torse de se rééquilibrer en avant au risque de partir en arrière. Ce sera sans doute pour un autre article.

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Version simplifiée. Ici, le corps est soumis à plusieurs forces. La gravité et donc le poids du corps que les muscles doivent faire rebondir de foulée en foulée. La solidité du sol qui renvoie en partie la masse du corps couplée à la poussée musculaire, dans un mouvement de bas en haut. Et cela, à chaque foulée. Le but pour le corps est de profiter au maximum des forces auxquelles il est soumis et les mettre a profit pour se mouvoir, le plus efficacement et le moins dangereusement possible. Ce travail est effectué par les tendons et les muscles qui transforment cette énergie en mouvement moteur. Il y a donc des muscles qui stabilisent la posture, d’autres qui mobilisent l’énergie et enfin d’autres qui la transforment en mouvement. Quand l’énergie passe, ces muscles sont tendus. Les parties molles du corps, sont elles plus visiblement soumises à la gravité.

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Position de la colonne vertébrale et effet de renvoi cinétique du sol sur le corps. L’effet masse molle et masse dure est exagéré. Masse dure=os et muscles tendus, masse molle=chair, graisse et muscles détendus.

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Comment rendre cette course à la fois signifiante et dépouillée. En en gardant les éléments fondamentaux. J’exagère donc les formes et les simplifie, dans une logique cinétique. Rondeur versus lignes droites par exemple. Je le répète, le dessin n’est pas de la photo.

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Ici, les informations nécessaires à mettre en valeur pour la compréhension des forces en présences. Ce qu’on doit ou pas prendre en compte pour que le mouvement soit intuitivement compris par l’œil de l’observateur. Je n’ai pas dessiné tous les muscles ni toute la masse molle. Je n’ai gardé que les parties qui influencent extérieurement le corps. Evidemment, appliqué au trait qui contient ces masses.

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Suréxagération des formes. La logique cinétique de la course est saisie a son minimum. Et montre autre chose qu’un playmobil qui court. On est bien en présence d’une forme humaine qui s’adapte aux forces qui lui sont soumises.

J’ai pris ici un plan de coté pour faciliter la compréhension du mouvement. Mais bien sur, on peut le capturer sur d’autres angles. A chaque auteur de voir ce qu’il veut mettre en valeur dans son image, une chose est sure, quelque soit l’angle choisit, ne pas prendre en compte la transmission des masses, de l’énergie cinétique et la tension musculaire pourra nuire a la compréhension. Il est donc très important de comprendre cette donnée qui peut même être cardinale dans la composition de l’image finale.

Le modèle choisi est ici une femme sportive, mais bien sur, la règle est la même pour tout type de corps. La différence se situant dans l’équilibre masse molle/masse dure, l’age, les différentes tailles osseuses et vitesse du mouvement. Donc bien comprendre la morphologie du modèle choisi!

Ismaël Bâ

P.S: Merci à mes cours de statique analytique et graphiques. Je savais déjà que je ne bosserai pas dans le bâtiment, mais que ces notions allaient me servir dans le dessin! Merci M. Galouz!

La suite ici…

*Le mot cinétique, du grec ancien kinêtikos (« qui se meut, qui met en mouvement »), fait référence au mouvement. Par extension, il se rapporte aussi à la vitesse de divers processus ainsi qu’aux mécanismes qui l’expliquent.

Morphologie, forme et dynamisme. Part.1

« Une morale nue apporte de l’ennui le conte fait passer le précepte avec lui. »

 Jean de La Fontaine

 

 

-« N’importe quoi, les bras réels ne font pas cet angle! »

– « Il sait pas faire les muscles, ça n’existe pas des muscles comme ça! »

– « Le bassin peut pas se tordre comme ça, on peut pas voir la poitrine en même temps que les fesses! »

Alors…Beaucoup de questions, ou d’incompréhensions sont dues à une des spécificités du dessin. Sa capacité d’exagération.

En effet, on parle ici de dessin et pas de photos.

Il y a plusieurs écoles, celle du dessin réaliste ou de portrait, ou on mime la réalité au maximum. Ce type de dessin demande un sens du détail important, mais même à ce niveau là, il faut savoir soustraire des éléments pour ne pas alourdir le dessin ou brouiller les reliefs. Less is more* (le moins c’est le plus). L’œil humain est trop efficace pour ne pas remarquer la supercherie. La leçon est toujours de soustraire, pour arriver au nombre de traits minimum à la compréhension.

C’est un choix. Artistiquement, l’arrivée de la photo a fait évoluer les arts visuels sur plus de symbolisme, le dessin étant incapable de rendre, aussi rapidement qu’une photo l’instantanéité, beaucoup d’artistes du 19 et 20 ème siècle ont donc commencé a dépouiller leur formes (expressionnisme, cubisme, surréalisme…).

Arrive donc le dessin symbolique (on en trouve dès l’antiquité, mais pour d’autres raisons que l’arrivée de la photo). La simplification des formes, son exagération. Du style semi- réaliste au cubisme. De l’exagération du mouvement et des formes. Dérivés artistique et philosophies très utilisées aujourd’hui dans la publicité, les jeux-vidéos et autres arts visuels.

Evidemment, la plupart des gens n’ont pas forcément cette connaissance, et on se retrouve régulièrement à devoir s’expliquer sur les bases du dessin et les formes mises ou pas en valeur et qui malheureusement sont trop souvent confondues avec une morale d’époque qui elle est plus aisément connue et médiocre.

Oui mes amis, l’art est bien politique, du moins ce qui est communiqué au moyen de différentes techniques. Et la technique, ce n’est ni de la politique, ni de la théorie, c’est de la pratique. La gifle du réel, quoi!

Il existe une multiplicité de formes, de déformations et d’exagérations!

Je démarre donc une série d’articles sur la morphologie, la forme et le dynamisme.

Voici ici-même la première partie;

« La poitrine visible en même temps que le fessier, c’est impossible, c’est juste sexiste! »

Et là réponse est bien-sûr fausse. Il y a quantité de physiques et quantité d’élasticités et d’insertions musculaires. Nous ne sommes pas tous égaux face à cela, mais il suffit de chercher un modèle dans l’angle demandé et on trouve, sans aucun problème, comme sur la photo ci-dessous (ou essayez par vous même, peut-être vous découvrirez une souplesse inconnue!).

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Je profite donc de cette image pour montrer ce qu’on peut faire comme déformation et exagérations à partir d’une posture totalement crédible!

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J’ai ici dessiné basiquement la forme de la cage thoracique, des hanches et de la colonne vertébrale. Il existe peut d’articulations polyarticulaires**, les épaules et les hanches qui peuvent se mouvoir a partir de leur axe de gauche à droite, de haut en bas ou même les deux en même temps. Bien-sûr, ces membres ont leur limites. Les tendons, les muscles et les insertions musculaires sont plus ou moins souples. De même, la taille des membres elles-mêmes jouent. Certains ont un torse court, d’autres longs, de même pour les bras ou les jambes. On perçoit très bien la tension sur la taille, mais aussi sa mobilité.

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Version plan.

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Je montre ici comment a partir du torse, en enlevant la torsion on peut obtenir une non-torsion du corps à partir du buste.

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Version plan.

 

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Cette fois-ci à partir des jambes. Dont on peut complètement garder la position.

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Version plan.

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Je reprends ici le modèle en le transformant. Il s’agit ici d’une jeune fille. Je lui donne les proportions d’une femme. Je réduit donc sa tête et lui ajoute des formes et des talons.

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Version plan. On peut remarquer que les éléments du torse et des hanches doivent être correctement placés, au risque de brouiller la compréhension de la personne qui regarde. Je rappelle ici que 1 mm de loupé sur une feuille peut devenir plusieurs cm en vrai. Mais c’est encore un autre problème.

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J’exagère encore plus la forme. Pourquoi? J’essaie de trouver une rythmique dans les lignes, de la clarté. Le but est de souligner le sujet et ce que je veux échanger à son propos. Ici, l’élasticité, la fluidité, la féminité et de sublimer la posture. A cette étape, plusieurs essais peuvent être nécessaires! Tout dépends ce que vous souhaitez partager.

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Version plan. On peux remarquer l’exagération très forte des mains. Il s’agit de ne jamais oublier leur expressivité. On est attiré par ce qui est parlant chez quelqu’un. Son visage et ses mains, rendent une grande partie de la compréhension des intentions de l’autre. La manière de les dessiner est donc déjà une codification émotionnelle. Une fois de plus, le dessin c’est de la communication. Une émotion, une idée, un sentiment… Tout ce qui permet de mettre des idées en valeur doit être adapté au projet. A condition de respecter un minimum de règles ou de cohérence stylistiques.

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Ici j’ai fait une silhouette*** exagérée. La silhouette est un élément important de l’image. Elle aide a comprendre ce que l’image comporte d’inutile, d’imprécis. De poser une posture pour qu’elle soit identifiable dès le premier coup d’œil, que ce qui permet de comprendre la forme ne se chevauche pas.

Voilà pour la torsion du buste. C’EST DONC COMPLETEMENT REALISTE. Concernant la déformation en elle-même. Bien-sûr, il existe énormément de biais, la déformation dépends de l’auteur et des objectifs qu’il s’est fixé quand à ce qu’il souhaitait communiquer sur l’oeuvre. Le genre dans lequel on s’inscrit. Du temps qu’on veut y consacrer.

Le vrai problème, concerne donc le dessin en lui-même. Correctement exécuté ou pas. Et à un moment, il s’agit de technique. Pas de point de vue.

Ismaël Bâ

*Less is more; L’architecte Ludwig Mies van der Rohe (1886–1969) à adopté la devise « Less is more » pour décrire son esthétique.

**Polyarticulaire;  Qui affecte plusieurs articulations.

*** Silhouette; Il s’agit d’un moyen technique, si ce n’est pas clair, n’hésitez pas a me relancer pour que j’en fasse un article!

La suite ici!

Composition, dessin, fabrication d’une image! part.2

« On a bien souvent vanté le prodigieux don d’improvisation d’Arsène Lupin. Mais ses plus belles victoires, ses réussites les plus curieuses, il les doit à sa méthode sans défaut. Lupin, avant tout, sait travailler. »
Le Secret d’Eunerville (1973)

Boileau-Narcejac

Références de BoileauNarcejac

Read more at http://dicocitations.lemonde.fr/citation.php?mot=methode#fbpVyuEFCPjhuFSW.99

 

Hop hop hop, mes amis, passons à l’action! Nous voici dans la seconde partie du dossier la composition. Improviser c’est bien, quand on sait ce qu’on fait c’est mieux! Ne jamais oublier la dominante de communication dans chaque travail artistique !

Pour ma demonstration, je continue à m’appuyer sur la définition wikipédia;

 » Éléments de la composition

Parmi les éléments visuels d’une composition picturale, on distingue :

1 la forme (rectangle, carré, cercle) du support et ses proportions (dans le cas du rectangle) ;

2 la ligne : le chemin visuel qui permet à l’œil de se déplacer dans le tableau ;

3 la direction : les itinéraires visuels qui prennent des chemins verticaux, horizontaux ou diagonaux ;

4 la forme : un espace géométrique ou organique ;

5 la couleur et le ton : avec leurs diverses valeurs et intensités, lumières et ombres ;

6 les dimensions et proportions des formes les unes avec les autre ;

7 la perspective : l’expression de la profondeur. »

La méthode.

1 la forme (rectangle, carré, cercle) du support et ses proportions (dans le cas du rectangle); 

Le rectangle.

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le rectangle à plat ou en hauteur;

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Il est  » découpable  » dans le même nombre de proportion et ce à l’infini. Le rapport longueur/largeur inégal, permet de donner une direction au cadre, de moduler la rythmique dès le départ, d’ou le fait que ce format (rectangle), soit le plus souvent usité, dans les illustrations, la bd, le cinéma.

Je découpe mon cadre à base de tangentes

 

Le code couleur est là pour identifier les zones

 » L’assymétrie  » longueur/largeur étant plus réelle pour l’œil humain, qui sait instinctivement que les formes parfaitement égales ne sont pas naturelles. De plus, l’avantage sur le carré, est la plus grande dynamique que propose cette même assymétrie.

Le rectangle à plat est très efficace pour rendre l’horizontalité. Les étendues de paysages, les lotissements, tout ce qui comporte une horizontalité forte, comme un lit, une piscine, une voiture, un mouvement horizontal…

De manière plus générale, c’est un plan plutôt équilibrant, terrien.

Le rectangle en hauteur, lui est parfait pour tout ce qui est verticalité. Les immeubles, les montagnes, les gouffres, les poteaux, les échelles, les chutes…

De manière plus générale, c’est un plan plutôt déséquilibrant, lié au vertige.

Voici quelques essais, sur l’effet de l’horizontalité et de la verticalité avec une forme de base rectangulaire.

 

 

 

Les intersections entre les lignes rouges et vertes, seront expliquées plus tard, mais elles serviront aussi !

Plan neutre, trop équilibré pour donner un sens à l’image.

 

Toujours un plan neutre, pareil, faible en information, seul l’arbre est mis en valeur.

 

Focus sur le ciel, plan plus naturel, l’horizon posée plus bas augmente l’horizontalité de la ruelle.

 

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Focus sur la ruelle,grace à la ligne d’horizon placée plus haute. On est tout de suite plus concerné par la vie réside ici.

 

On passe au même type de cadrage, mais cette fois pour des buildings, donc forte horizontalité.

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Plan neutre, toujours pas de point de vue, trop équilibré pour bénéficier du vertige de la forme des buildings.

 

Mieux, la hauteur étant plus valorisée, mais peut-on faire mieux encore ?

 

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Mieux, la verticalité met en valeur les buildings, le regard est guidé de haut en bas.

 

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Ici, la verticalité est toujours mise en valeur, mais au profit du ciel, donc plus un plan sur la mystique, sur l’ambiance.

Hop, maintenant la même chose pour la forme humaine dans le cadre;

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Ici, la version avec le gabarit de composition;

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Globalement, on voit bien l’avantage d’utiliser un format de départ en accord avec l’information que l’on veut rendre. Je n’ai pas donné toutes les compositions possibles ici, je vous laisse vous amuser à tester les variantes, c’est presque sans fin !

Assez tergiversé, passons à la pratique.

Voici l’équivalent pour mon illustration.

L’horizontalité je l’ai d’abord choisie pour sa « normalité », son aspect équilibrant. En effet, je voulais illustrer la chambre, l’émotion d’une jeune fille par rapport à ses centres d’intérêts. Le concept (simple), était de montrer une parodie d’ado fangirl, mais au lieu d’en faire une fan de musiciens ou d’acteurs, de lui donner comme intérêt principal, le thème du ninja. Donc, appliquer toute l’imagerie de la jeune fille fangirl et le décorum que comporte sa chambre au thème du ninja. Une fan de ninja quoi.

Ce concept étant plutôt pas crédible du tout, la tranquillité du format rectangle a plat, me permet de jouer sur la normalité, le coté terrien. Ce que la verticalité aurait moins permis. La position même du personnage ne pouvait qu’appeler ce même format, elle est étendue sur son lit, de la verticalité m’aurait demandé d’habiller les parties en plus ou elle n’apparaît pas au risque de changer totalement le message que je voulais envoyer.

Pour cette illustration, je me suis servi d’un modèle, je l’ai photographié sous plusieurs angles et ai choisi celui qui collait le plus à ma vision.

J’ai de plus ajouté les points de convergences de l’œil humain. En gros, sur une image les points de lecture privilégiés par l’œil ne sont ni les bords ce qui est assez évident, ni le centre de l’image et ça c’est plus étonnant! Pourquoi ? Les bords, parce que c’est trop éloigné du centre, le centre parce que c’est déjà un focus. Focus qu’on fait tous a chaque fois qu’on regarde quelque chose. La chose que nous regardons est toujours focalisée. C’est donc une information limitée et beaucoup trop directe pour séduire l’œil. En somme, comme en stratégie, la meilleure des manière d’amener l’observateur à s’intéresser à l’image est de le mener en bateau! C’est a dire, remplir les zones que son subconscient va valider en priorité, donc ni les extrémités, ni le centre de l’image!

Il existe d’autres grilles, telles que la règle des tiers ou  la séquence de Fibonacci, sans parler du nombre d’or. Si le sujet vous intéresse, je ferais un article dessus.

Ces points sont visible par les cercles verts sur les illustrations qui suivent!

On pourra remarquer que dans mon illustration, au niveau de chacun des points, une information est fournie, contrairement aux zones de non priorités! Il existe cependant une erreur (à mon avis) de composition dans ce dessin. Je vous laisse essayer de la trouver!

Voilà pour le moment, j’espère être assez clair, si ce n’est pas le cas, faites m’en part!

 

A suivre…

Bâ Ismaël