Morphologie, forme et dynamisme. Part.2

“Tout mouvement de quelque nature qu’il soit est créateur.”

De Edgar Allan Poe

Hop! Suite de mon dossier sur les multiples déformations du corps humain et comment on peut jouer avec dans le cadre du dessin.

Nous parlerons ici de cinétique* et de rendu de mouvement.

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Ici, un modèle découpe les 3 phases de la course a pied. Il s’agit de course de fond et non de sprint, le torse est soumis a moins de force extérieure du fait de la moindre poussée musculaire. Le sprint demande au torse de se rééquilibrer en avant au risque de partir en arrière. Ce sera sans doute pour un autre article.

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Version simplifiée. Ici, le corps est soumis à plusieurs forces. La gravité et donc le poids du corps que les muscles doivent faire rebondir de foulée en foulée. La solidité du sol qui renvoie en partie la masse du corps couplée à la poussée musculaire, dans un mouvement de bas en haut. Et cela, à chaque foulée. Le but pour le corps est de profiter au maximum des forces auxquelles il est soumis et les mettre a profit pour se mouvoir, le plus efficacement et le moins dangereusement possible. Ce travail est effectué par les tendons et les muscles qui transforment cette énergie en mouvement moteur. Il y a donc des muscles qui stabilisent la posture, d’autres qui mobilisent l’énergie et enfin d’autres qui la transforment en mouvement. Quand l’énergie passe, ces muscles sont tendus. Les parties molles du corps, sont elles plus visiblement soumises à la gravité.

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Position de la colonne vertébrale et effet de renvoi cinétique du sol sur le corps. L’effet masse molle et masse dure est exagéré. Masse dure=os et muscles tendus, masse molle=chair, graisse et muscles détendus.

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Comment rendre cette course à la fois signifiante et dépouillée. En en gardant les éléments fondamentaux. J’exagère donc les formes et les simplifie, dans une logique cinétique. Rondeur versus lignes droites par exemple. Je le répète, le dessin n’est pas de la photo.

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Ici, les informations nécessaires à mettre en valeur pour la compréhension des forces en présences. Ce qu’on doit ou pas prendre en compte pour que le mouvement soit intuitivement compris par l’œil de l’observateur. Je n’ai pas dessiné tous les muscles ni toute la masse molle. Je n’ai gardé que les parties qui influencent extérieurement le corps. Evidemment, appliqué au trait qui contient ces masses.

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Suréxagération des formes. La logique cinétique de la course est saisie a son minimum. Et montre autre chose qu’un playmobil qui court. On est bien en présence d’une forme humaine qui s’adapte aux forces qui lui sont soumises.

J’ai pris ici un plan de coté pour faciliter la compréhension du mouvement. Mais bien sur, on peut le capturer sur d’autres angles. A chaque auteur de voir ce qu’il veut mettre en valeur dans son image, une chose est sure, quelque soit l’angle choisit, ne pas prendre en compte la transmission des masses, de l’énergie cinétique et la tension musculaire pourra nuire a la compréhension. Il est donc très important de comprendre cette donnée qui peut même être cardinale dans la composition de l’image finale.

Le modèle choisi est ici une femme sportive, mais bien sur, la règle est la même pour tout type de corps. La différence se situant dans l’équilibre masse molle/masse dure, l’age, les différentes tailles osseuses et vitesse du mouvement. Donc bien comprendre la morphologie du modèle choisi!

Ismaël Bâ

P.S: Merci à mes cours de statique analytique et graphiques. Je savais déjà que je ne bosserai pas dans le bâtiment, mais que ces notions allaient me servir dans le dessin! Merci M. Galouz!

La suite ici…

*Le mot cinétique, du grec ancien kinêtikos (« qui se meut, qui met en mouvement »), fait référence au mouvement. Par extension, il se rapporte aussi à la vitesse de divers processus ainsi qu’aux mécanismes qui l’expliquent.