X-Men: Apocalypse

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X-Men Apocalypse, où comment perdre le muscle au profit du gras!

Nous voilà en mai 2016 et le 4 éme Opus de la licence X-Men réalisé par Bryan Singer arrive sur nos écrans! On apprends donc dans ce film qu’un mutant à existé il y a 40 siècles en Égypte et que celui ci était considéré comme un dieu. Le film parle ( essaie ?) de son retour dans les années 80 et de l’impact ( ou pas ? ) qu’il aura sur cette société. Seuls une Mystique ( Jennifer Lawrence) ayant perdu ses illusions, un Magnéto ( Michael Fassbender ) rangé des voitures, un Xavier ( James Mac Avoy ) plus prof que jamais et de jeunes mutants ont le pouvoir de renverser cet/te Apocalypse (Oscar Isaacs ), vont-il y arriver malgré leurs différences ( je confirme, on a vu ce pitch au moins… 500 fois )? . On reste dans le plus pur style super héros, action teintée de mélodrame, mais on sent que le succès des films Marvel et la déroute du dernier film des 4 ( pas ) Fantastiques ( du tout ) a calmé les ardeurs niveau originalité.

Donc retour aux costumes de super slip, couleurs criardes et premier degré total. Est-ce un choix de Singer? Du studio? Aucune idée. De toutes façons, pour moi, la réussite la plus éclatante dans la saga X-Men par Singer, fut sa capacité à créer de l’empathie, de l’émotion autour de la grande question qu’est le rejet et la violence qui en découle. C’est évidemment en résonance avec le comics, mais c’est surtout une thématique très intéressante à utiliser dans le cadre d’un film de genre, permettant l’allégorie a plusieurs niveau et donc la réflexion et le questionnement, là ou la simple adaptation d’un fait réel grave tombe trop souvent dans la spécialisation, le pathos et l’instantanéité. Pour les X-Men de Singer, on peut tout autant voir un film d’action dans lequel les personnages se découvrent face a un adversaire, autant qu’une affirmation de soi et de comment on se débrouille avec ses différences. Et Singer l’a très bien réussi dans les 2 premiers X-Men. On sent donc y compris dans ce dernier film, a quel point cet univers et ses personnages lui importent. Et gloire lui en soit donné!

Malheureusement, ce souffle est complètement annulé par le choc frontal formel avec les recettes à la Marvel Films. La compagnie aux 5000 super héros a licence, a choisi de mettre en valeur l’univers en lui même et ses personnages phares et le fait très bien d’ailleurs, en choisissant ou ordonnant aux concepteurs des choix de réalisation et de thématiques sans risque. Peu de différences entre la dizaine de films Marvel niveau réal, aucun thème fort n’est vraiment questionné sérieusement. Cette homogénéité, rend l’ensemble fort pratique pour gagner du temps en compréhension pour le spectateur, en effet, a chaque film Marvel, aucun dépaysement réel, on reste dans les marques, reste a savoir si on avance bien dans l’univers, si on découvre de nouveaux persos ou comment ils sont respectés ou non. Rien de plus. Ce qui n’a donc rien à voir avec l’essence de la saga X-Men, qui est complètement centrée sur sa thématique sociale. Et forcément, ce dernier Opus en pâtit complètement.

Le cul entre deux cinémas ?

Rentrons donc dans le ventre de la bête fatiguée avec la réalisation. Elle est honnête et sans fulgurance ( un peu a la Marvel justement ), bon point pour l’intro, Singer réussi toujours ses intros, suffit de voir les autres films de la franchise, les enjeux, ainsi que l’univers sont souvent correctement posés a ce moment là. La mise en valeur des « acteurs phares » et l émotion reste pour moi le gros point fort du réal ( bien que pour moi, ça fasse souvent too much en bon cynique que je suis ) dans chacune de ses œuvres, y compris celle ci. Elle pèche par contre a de nombreuses reprises, notamment quand le réal cherche a faire des démarquages de ses propres réussites passées; type la scène au ralenti de Vif Argent, bien trop proche de l’originale en termes de dispositif pour nous marquer aussi fortement. C’est d’ailleurs sur des points de ce genre qu’on remarque à contrario la force du réal de First Class, aucun des écueils évoqués ne sont présents, Matthew Vaughn maîtrise les codes, les compos, le rythme et l’originalité qu’une oeuvre pop devrait contenir en son sein a merveille et sans ruptures ( je vous invite à remater Kingsman pour comprendre ce que je veux dire).

Ainsi, plusieurs scènes du film pâtissent du syndrome  » je fais parler mes persos pour expliquer l’avancée de l’intrigue » alors que de simples appuis visuels auraient suffit et surtout auraient aidé à pousser un lyrisme plus qu’attendu pour ce type de thématique qu’est le rejet, la persévérance, la quête de l’acceptation personnelle. Evidemment, le peu de séquences vraiment réussies perdent en impact, genre la rencontre d’Angel, Diablo et Mystique qui est pourtant complètement signifiante de la situation des mutants, symbolique concernant le diable contre l’ange, leur dangerosité, mais aussi la violence et la peur des homo sapiens. Pareil avec le bonus fan service de Wolvie, ou à part le fait que ce qu’il se passe est cool, on a aucune mise en valeur ou en perspective de la séquence, je n’ose rêver ce qu’un spécialiste du genre horrifique a la Carpenter nous aurait fait en matière de claustrophobie/ambiance/composition pour rendre l’apparition du bonhomme logique et effrayante!

Plus sympathique pour la variété des décors tout de même, on bouge un peu partout sur le globe, ce qui reste dépaysant! La tonalité aussi d’ailleurs, le film reste très violent dans sa description des rapports humains. Il suffit de remplacer les mutants par des gays, des femmes, des noirs et beaucoup de séquences deviennent proprement dégueulasses, là on est de retour dans la crudité mythifiée de Singer. Ca fait souvent sont petit effet, les voisins découvrant que leur collègue est un mutant, les jeux du cirque, les états qui créent une politique autour de ça. Malheureusement, contrairement aux premiers, cette ambiance est complètement décousue de l’intrigue de base. Un peu comme la problématique de Civil War et la dangerosité des super-slips face aux maternelles qui choisissent le camp de leur copain parce qu’il est plus sympa que les autres… Dommage.

L’art de passer a coté de la cible !

Le scénario justement, alors là, c’est la déroute complète… C’est l’histoire d’un gros méchant qui se réveille et veut changer le monde, à nos clampins mal aimés de le sauver et tout ça dans les années 80… Bon, pourquoi pas… Mais alors, en quoi cette histoire avait sa meilleure place dans ce contexte ? En quoi, ce contexte met en valeur les antagonismes ? En quoi, un mutant millénaire et invincible est parlant de cette époque ??? Aucune idée, le film n’en parle pas… Sur Firts class, le contexte était complètement inclus dans la thématique du film. Le rideau de fer ( deux idéologies, comme Xavier et Magneto ), l’escalade des armes ( la sortie au grand jour des mutants ), l affirmation des minorités ( pareil concernant Erik et le prof, mais les mutants en général). Et un final qui rejoint l’histoire réelle.

Ici, quel rapport entre la loi du plus fort et les années 80, pour être plus précis, ou est ce que le scénar prends dans son corps cette problématique ? Il y avait tant à faire, les états qui se battent a coup d’idéologie sur des territoires plus petit, un Apocalypse se comportant de la même manière par exemple, en influençant directement chacun de ces états. Pareil, les années 80 sont les années fric, la financiarisation à l’extrême, un Apocalypse a tout a fait sa place la dedans il n’est finalement que l’avatar évolutionniste du personnage du Loup de Wall-Street, le plus riche est celui qui est « le plus fort » dans ce contexte. Enfin, la diversité de genres, musicaux, médias, minorités, qu’en pense le bon vieil Apopo ??? Eh ben on en sait que dalle et c’est vraiment dommage…

Le concept lui même en devient caduque, la trame de l’histoire aurait été en tout point la même aujourd’hui… C’est comme aller du point A au point B en faisant un détour qui ne nous apporte rien d’autre que de la perte de temps ( et je déteste perdre mon temps moi)… Dommage encore.

Culture de la victimisation te revoilà!

Enfin, la technique utilisée pour redonner une empathie forte pour que Magnéto ait une explication toute trouvée a son retour chez les méchants…Je ne perdrais même pas le temps la dessus, tellement ça parle de soi même… Tout le gris du personnage est perdu par la sacro-sainte « emotionalisation » à outrance de la société moderne. En gros, Quel que soit ce que tu fais, si tu nous a fait pleurer en expliquant pourquoi t’as fait ça, on t’autorise tous les errements, on te comprend mon pauvre…

De l’art de l’image…

De manière générale, les sfx sont dans la moyenne, mais extrêmement mal mis en valeur ( comme dans la plupart des Singer d’ailleurs ). Ni par la réal, ni par la lumière, alors que plusieurs effets sont très réussis, notamment l’aura magnétique d’Erik en fin de film. Revoyez la séquence de combat sur le métro aérien entre Octopus et Spidey, dans Spiderman 2, les effets en eux mêmes sont parfois moyen, mais la mise en scène, la photo, la composition et l’originalité sont parfaites! Mais n’est pas Sam Raimi qui veut!

Arrive le problème des costumes… Je ne peux pas dire qu’il sont nuls, mais c’est pareil qu’avec les sfx, aucune réelle cohérence entre leur confection, les gens qui les portent, la manière dont on les met en scène et en lumière… En soi, je ne les trouve pas pourris, mais un exemple, vif argent, porte des vêtements métallisés, ça leur aurait arraché le cerveau d’essayer de jouer à exagérer sa brillance dans l’action ??? On est dans du super slip ici merde, le bouclier de Captain, l’armure chromée de tête de fer ont eu droit a leur moment de brillance, de pure esthétisme et de signifiant, quand on utilise cet effet comme point d’exclamation visuel ou marque une renaissance ou un changement psychologique du perso. C’est vraiment dommage, le costume de super héros fait partie intégrante du genre et ce n’est pas pour rien que seuls certains dessinateurs ont su créer des costumes immortels. Ils doivent être une « logotisation » du personnage, un résumé de ce qu’il est de manière aussi concise que maximaliste. C’est un savoir faire a part entière. Pour Apocalypse, c’est pas qu’il est mal fait, mais comme dit pour les costumes en général, et sur la trame aussi, le perso est tellement esquissé, que je suis a peu près certains que les costumiers sont restés sur le fait que c’est un méchant surpuissant ayant vécu en Egypte il y a longtemps… On ne pouvait pas faire grand chose de plus avec une base aussi basique et peu claire.

Quand je pense aux mille et une manière qu’on aurait pu utiliser pour valoriser tout ça, ça m’ébaubi complètement! On aurait pu accentuer l’imagerie MTV des années 80, les superpositions de vêtements post punk… Tellement de choses en fait, de ce point de vue, c’est d’une pauvreté crasse ( après, ça n’a jamais été le point fort de Singer, mais tout de même …).

Début de la fin, ou fin tout court?

Malgré tout, on sent un cœur qui bat la dessous! On sent encore une fois l’âme de Singer, présente dans tous ses films, cette sensibilité, cet engagement. La Tornade est très réussie picturalement, son personnage est peu développé mais sa prestance suffit a tout dire d’elle, de même pour Psylocke ou Caliban d’ailleurs!

Beaucoup l’ont comparé a X-Men 3, ce qui se comprend aisément vu la structure scénaristique et la faible homogénéité de la direction artistique et thématique. Mais il reste une très grosse différence, X-Men 3 ne démontre a aucun moment l’amour du réalisateur pour ses personnages. Ce qui est complètement différent avec Singer et son rapport aux X-Men, il suffit de regarder la perpétuelle mise au milieu des relations du Fauve, pourtant pas un personnage majeur et qui fait doublon avec beaucoup d’autres. Il aime ce perso, c’est tout, rien de rationnel la dedans, là ou dans X-Men 3 il fallait un généticien, là on a un être imparfait, cherchant son propre chemin entre l’amour, l’amitié et la logique et la technique. Singer en somme!

J’espère sincèrement que Singer saura se poser les bonnes questions pour le prochain opus, au risque de se perdre complètement dans une recette ou il a tout a perdre! Il reste l’un des rares réalisateurs américains a gros budget qui conserve un talent et une patte personnelle, qu’il se fasse plus confiance ne ferait pas de mal a mon avis!

3/6.

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Batman V Superman; la critique

 

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J’ai vu ce film dés sa sortie, mais j’avais besoin de rassembler un peu mes idées.
Alors, beaucoup d’attente pour ce film, pourquoi ?

Parce que fan de Snyder sur la plupart de ses films. Fan de sa gestion de l’espace, de son sens de la narration, de son sens de l’image et tout l’historique pictural occidental qu’il maîtrise parfaitement. Fan du fait qu’il aille à chaque fois a fond dans une direction, du point A au point Z, sans faire de zig-zag, il choisit un angle et va chaque fois au bout! Du moins, jusqu’à Superman Man Of Steel, ou là, le système d’univers partagé commence a faire bugger l’ensemble. Mais j’en parlerais plus bas.

Je reste dans l’ensemble très content du spectacle que j’ai vu!

Un bébé jouflu.

Alors, c’est quoi Batman V Superman ? Réalisé par Zack Snyder et sorti le 23 mars 2016 en france. On suit un Bruce Wayne ( Ben Affleck ) qui a vieilli, découvrant en même temps que les autres habitants de Métropolis l’existence d’extraterrestres surpuissants. Superman ( Henri Cavill ) et les kryptoniens. Le Dark Knight s’est endurci ces dernières années et semble plus extrême que jamais. Au point de dépasser la ligne jaune ? Après la destruction de Metropolis et des locaux de Wayne Enterprise, il décide d’arrêter coute que coute Superman. Il est pour lui la menace ultime du genre humain, surpuissant et risquant de devenir incontrôlable. En enquêtant sur lui, il rencontre une bien étrange femme ( Wonder Woman a.k.a Gal Gadot ), qui disparait aussi vite qu’elle était apparue…

D’abord, ma position quant aux adaptations en general. « Traduttore, traditore », en gros, « Traduire c’est trahir! » ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Traduttore,_traditore ). Il y a débat là-dessus, me concernant ce débat n’a aucun intérêt réel. Pour moi, une oeuvre adaptée est prise comme une oeuvre neuve. Même si quelque part, je n’oublie jamais totalement l’original et quand ça colle je prends ça comme la cerise sur le gâteau, ni plus ni moins. Je postule que pour faire une oeuvre adaptée l’intérêt est justement d’oublier l’original, sinon ce n’est que de la répétition, pile ce que je déteste en tant que créatif justement! Donc, tout ce qui concerne les défauts d’adaptations ne m’intéressent pas réellement, je n’en parlerai donc pas réellement.

Autre chose, concernant le genre super-héros, qui pour moi n’est ni plus ni moins que du mythe moderne, comme tous les mythes, ils se doivent d’avoir des variations. C’est pour moi la force de ces personnages d’ailleurs, ils sous tendent tous une idée forte, surtout la trinité DC d’ailleurs, bien plus que les persos marvel. Comme les mythes, les idées fortes peuvent être vues de maintes manières différentes, leur intérêt étant le miroir qu’ils tendent à la société et a l’individu qui la regarde. Ce sont des révélateurs, plus ou moins agréables à regarder.

Commençons par les défauts et les choses qui m’ont déplu;

Le rythme. Complètement foutraque surtout en milieu de film, ça commence très bien la première heure et ensuite ça devient n’importe quoi. Des personnages traités a la serpe, des séquences soit trop courtes, soit trop longues. La cause ? A mon avis c’est justement cette histoire d’univers partagé. La mission du film est complexe; remettre en route le Dark Knight et Superman pour les amener a devenir des défenseurs de la terre et combattre toutes sortes de menaces complètement bizarres, tout en introduisant un max de concepts. Le truc pratiquement impossible à faire en un film et d’ailleurs, je trouve que celui ci échoue clairement a le faire.

Rien que l’affrontement de deux points de vues complètement opposés et leurs univers et nombreux personnages se confronter et se mélanger ça peut faire bien deux heures et quelques. Amener un nouvel univers entier bien  une heure trente. Introduire x personnages avec leur univers en plus X fois une heure trente en gros. On est donc bien au delà des deux heures trente du film…


-Wonder Woman semble complètement tomber comme un cheveux sur la soupe, les hasards qui la mettent sur la route de nos deux héros, c’est vraiment n’importe quoi en général. Ce n’est pas faute d’avoir essayé mais on ressent trop que c’était le moyen le plus simple de la caler dans l’histoire. On a vu pire, mais ça décale pas mal la trame de l’homme ( avec ses défauts et ses limites ) VS le dieu ( avec tous ses pouvoirs et les responsabilités qui en découlent ). A ce niveau, elle n’apporte aucun éclairage en fait, ce qui est dommage vu la nature mythologique en diable du personnage.
-Lex Luthor ( Jesse Heisenberg ) lui, n’a pas de chance, vraiment… Comme le disait Hitchcock, un bon héros apparaît formidable grâce à un antagoniste de valeur. Ou plus prosaïquement, une intrigue n’est jamais meilleure que quand les idées antagonistes et les personnages qui les portent sont réussis et là, il y a bug. Pas tant que Luthor ressemble à un petit ouistiti cinglé, en soi, son plan est bien digne d’un super vilain et est clairement dangereux. Mais le problème c’est que le mec le plus flippant dans le film, c’est Batman ( ou si on suit sa vision c’est Superman)! A aucun moment, sauf vite fait à la fin, Luthor ne fait jamais plus peur que le Dark Knight. Et ça c’est triste, parce que toute sa trame en devient détachée du reste et ne fait que renforcer notre désir de voir la confrontation entre les « vrais » personnages de premier plan sans s’inquiéter de lui. Le bad guy, celui qui révèle le héros c’est pendant une grosse partie du métrage Batman et une autre partie Superman. Tous les autres, Luthor ou Doomsday ne sont que des expédients et ça les rend complètement en trop dans l’intrigue. Je n’ai pas tant de critique que ça concernant l’acteur. Il est ni bon ni mauvais, c’est sa place dans la trame surtout qui en fait un loser inutile.

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– Les rêves du bats, qui collent parfaitement au personnage, sa parano, sa folie sont assez bien rendus pour qu’on puisse se demander s’il n’est pas simplement en mode pur pétage de plombs. Problème, au fur et à mesure de l’intrigue avec l’apparition de flash, on comprend bien qu’on est face à des signes d’un futur possible, ce qui est très cool en mode fanboy, mais qui dépossède complètement le Bats, de son coté dangereux en même temps que nous donner un sentiment de « victimisation » pour ce perso. Et ralentissant l’intrigue aussi.
-Les dossiers métahumains. La manière dont c’est égrainé dans l’intrigue, et ramené à la fin fait vraiment greffe complète. Absolument pas organique.

FIN DE SPOILER-ALERT

Maintenant, les chose que j’ai aimé, voir adorées;

La réal, pleine d’ampleur, généreuse et complètement iconique. Un film de super héros, c’est aussi un film sur les grands mythes, la grandiloquence, les symboles. C’est dynamique, un peu touchy, voir cheesy. Et la réal c’est exactement ça. Je ne mets pas 40 films dans ce schéma là, j’y mets les Spider Man de Raimi, le Blade et les « Hellboy » de Del Toro, évidemment le Supes et le 300 de Snyder, plus vieux mais toatalement super-slip ou en tous cas comics aussi le Robocop ou le Starship Troopers de Verhoeven, le Terminator de Cameron… Leur points communs ? Des idées simples, complètement iconisées à leur maximum et allant jusqu’au bout du concept. Superman VS Batman c’est complètement ça. Comme tous les réalisateurs susnommé, Snyder à une maîtrise totale des symboles picturaux occidentaux et chaque photogramme le démontre, comics, peintures classiques, photographie…

Ensuite, Batman. J’ai parlé plus haut de voir l’adaptation de manière vierge. Ben avec ce perso, vierge ou pas ça à marché du feu de dieu pour moi. C’est le Batman, un mec avec une telle volonté qu’on hésite entre courage et folie pour le qualifier. Le courage n’est il pas une folie qui à réussi ? Que ce soit en costume ou en civil, cette volonté, ce regard, ces postures, toutes concourent à fondre le Caped Crusader en une simple idée, la volonté. Il est volonté physique, morale, intellectuelle, volonté totale et ce à chaque séquence et c’est ça Batman. C’est simplement celui qui va le plus au bout du concept tant en termes de rôle, qu’en terme d’acteur et de costume. Il est parfait. Et encore plus parfait en anti-héros vigilante fou se battant contre un dieu. C’est l’adversaire parfait pour Superman. Dramatiquement, thématiquement et philosophiquement parlant. Ben Affleck y est clairement pour quelque chose, mais la manière dont il est mis en scène est juste parfaite quoi!

Voilà la grosse réussite du film. Si on ne gardait que leur confrontation et ses effets délétères sur l’humanité. Le film serait parfait tel quel. Le Batman fou de contrôle, face au mec surpuissant qui veut juste aider. Deux visions de l’auto réalisation, deux visions politiques, deux visions philosophiques, aucune mauvaise ou bonne en soi, tout dépend des raisons pour lesquelles on les porte et surtout de l’objectif.

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L’ajout du combat commun grâce à la menace d’un tiers, bien que grossière ne me gène pas tant que ça, le combat des idées ayant été réglé juste avant. Le soucis, c’est que ça vienne d’un Luthor sans réelle incarnation justement au niveau des idées, il ne représente rien de concret. Jeune cadre ayant les dents qui rayent le parquet? Génie incompris? Capitaliste sans coeur? Tout ce qu’il représente est survolé et trop protéiforme pour se représenter sa symbolique. Ca décale donc les thématiques de ce combat de titans au niveau bac a sable et c’est bien dommage.

Par contre, laisser « mourir » supes en fin de film est super! Justement, vu comme est écrit Batman, il lui fallait au moins ça pour se rendre compte de son erreur sur Superman. Que la personne qui l’a le plus effrayé de sa vie, la personne la plus puissante et qu’il a failli tuer se soit sacrifié pour tous. Encore une fois c’est un peu bateau, mais c’est génial pour casser une telle volonté de fer. On sait bien que Supes reviendra pus tard, mais on sait surtout qu’une amitié profonde est née de ce débat d’idées à base de coups de poings. Et la encore, on est dans le super slip, la formalisation des idées par les costumes, attitudes, symboles et combats. L’allégorie marche a plein régime!

FIN DE SPOILER-ALERT

Wonder Woman, géniale graphiquement, je fais partie de ceux qui ne voyaient pas l’actrice dans le rôle, ben je me suis trompé, elle est géniale en Wondy, comme d’hab’, Snyder en formaliste de talent a su rendre la force, la finesse, la violence et le port altier de la déesse. Et en mouvement, c’est presque la plus impressionnante! Snyder président!

Supes est égal a lui même. Impressionnant, mais en même temps, très humain. Très simple. Je trouve que son parcours depuis le précédent film marche très bien. Je sais que beaucoup n’ont pas aimé cette version. Pour moi elle est en tous point cohérente, et en continuité avec la fin de Man Of Steel justement. Snyder est un réalisateur guerrier, il ne fait que mettre en scène cela, pas pour savoir qui gagne ou qui perd, mais qu’est ce que ça veut dire comme attitude, comme changements sociétaux et comme montée d’adrénaline. Pour moi, son supes c’est justement l’Amérique d’aujourd’hui. Dangereuse mais à la fois vertueuse. Pragmatique dans les actes mais hyper moraliste dans les idées. Un peuple puissant et violent sous des dehors de gentils américains citoyens mangeurs de tofu.

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Il a le choix entre vivre la vie de tout un chacun ou changer le monde, et il choisit finalement d’embrasser le tout,  justement grâce à des gens comme Batman. Des gens bien finalement, mais transformés par la peur. Des gens qui finalement peuvent être aussi dangereux pour l’humanité que lui!

Voir un simple humain se donner autant pour les autres, sans demander de retour et le mettre autant en difficulté, ça apprends l’humilité. Alors qui est le Batman de l’Amérique contemporaine? Je ne sais pas. C’est peut être justement la nature, les tempêtes, les tsunamis, la résilience ?

FIN DE SPOILER-ALERT

J’ai lu par ci par la que le film est loin d’avoir fait l’unanimité. Ce qui est complètement logique et qui pour moi lui rends tout son intérêt. Ce film possède une vision, on y adhère ou pas, mais elle est réelle. C’est du cinéma, pas du comics ( et j’adore les comics!) . C’est une oeuvre filmique, pas un véhicule a licence. C’est comme le fromage, ou les produits nobles, ça a un gout très prononcé, c’est pas poli, voir pas respectable du tout. Comme la vie quoi, c’est imparfait et c’est justement tout ce qui donne son sel.

Pour qui donc ?

Pour le public qui aime la poésie, les allégories, le souffle, l’esthétisme, les récits directs, les beaux production designs et les coups de poing dans le ventre ! Les autres, passez votre chemin!

Et là on a deux films en un, celui qui traite de la confrontation c’est du 5/6 et l’autre qui est axé purement licence c’est du 2/6!

Donc pour moi ce sera du 4/6. J’ai adoré. Voir l’ombre du Dark Knight pour la première fois complète. Et pour ça je te redis bravo Zack Snyder et merci!

P.S; Bonus spécial pour la musique qui reste excellente pour moi, notamment le thème de Wondy, complètement timbré!