Réponse aux commentaires outrés par la vidéo d’Alan Moore.

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“I am not man so much as syndrome; as a voice that bellows in the human heart.
I am rain.
I cannot be contained”
― Alan Moore, From Hell

Hello mes chers abonné/es ou pas encore (qu’attendez vous, mazette!). J’ai été absent de ces contrées depuis quelques mois, même si j’ai pu apercevoir que certain/es d’entre vous ont continué à visiter mes lignes et symboles numériques! J’en suis navré, mais je vous prépare pas mal de choses pour l’avenir, enjoy!

Je reviens donc vers vous, car j’ai une activité assez vivante sur mon facebook, dont je me sers pour traiter de sujets un peu plus d’actualité et toujours liés plus ou moins à la problématique créative. Trêve de blabla, j’en viens aux faits. La chaîne Arte a fait une série de reportage en octobre dernier autour de l’auteur se prénommant Alan Moore. Grand auteur de comics, créateur de V Pour Vendetta, Watchmen ou encore From Hell et bien d’autres récits depuis adaptés avec plus ou moins de succès. Huit reportages courts traitant chacun d’un angle particulier du travail de l’auteur. On peut les retrouver ici; Dans la tête d’Alan Moore.

Dans l’un d’eux, il fait part de son étonnement face à l’actualité du divertissement contemporain, en liant le tout avec les actualités du Brexit et de l’élection de Donald Trump. Se basant sur le fait que les films à succès du moment sont des films de super héros et que ceux-ci marquent une infantilisation de la société.

J’ai été assez surpris par le nombre de retour et ai décidé de faire une réponse en plusieurs points à un problème finalement très vaste et pas tant discuté que cela dans la sphère publique.

Voici mes réponses en plusieurs vidéos, vous n’avez qu’à suivre la playlist!

 

N’hésitez pas à commenter si vous avez des questions ou des critiques à faire, je suis toujours ouvert au dialogue et prendrait autant que possible le temps d’y répondre!

A bientôt!

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Morphologie, forme et dynamisme. Part.4

“L’individualité s’exprime magnifiquement dans le mouvement.”

De Sylvain Tesson

 

Partie une.

Partie deux.

Partie trois.

Yop mes amis! La suite de mon dossier sur la morpho arrive enfin! Je vais essayer d’être plus light cette fois, pour le dernier article, vous avez du avoir une indigestion de termes techniques, désolé d’avance, je cherche mes marques pour améliorer ma pédagogie. N’hésitez pas à me faire part de vos envies ou critiques à ce sujet.

 

Donc, on à vu dans le dernier article la posture dans une forme statique. Ici, nous allons parler de la posture dynamique.

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On reste concentré sur la course du modèle et la torsion de la ceinture abdominale a son extrême. Impossible donc?

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Ici, je simplifie la forme, pour montrer la tension extrême au centre du corps et l’influence de 2 axes de forces limites antagonistes. En rouge, la course rapide et donc les jambes qui rééquilibrent. En vert, la rotation du torse, dans le sens presque inverse exagéré par le poids de la raquette, la force musculaire et l’énergie cinétique de la rotation elle même.

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On a ici un modèle extrêmement athlétique, permettant a sa solidité musculaire d’accompagner le mouvement, de garder la chaîne cinétique dans une tension égale et donc multiplier comme un élastique la force de départ. Evidemment, une personne d’un plus faible niveau pourrait sur ce type de mouvement se faire de la tendinite, s’arracher un muscle, un tendon ou même se créer des hernies. Ou tout simplement être même en incapacité de faire ce mouvement tout court.

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On peut percevoir a quel point le corps humain peut être mobile. Les forces qui lui sont appliquées étant accélérées par les zones les plus mobiles du corps. Les épaules et les hanches, permettant d’accélérer encore plus le mouvement comme quand une voiture tourne autour d’un rond point et qu’on se retrouve attiré par l’extérieur.

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En simplifiant la forme en mannequin. On perçoit la presque impossibilité du mouvement. On comprend que même sur une image fixe, le corps est soumis a une force extérieure. Ce type d’étirement étant d’ailleurs impossible a faire sans élan. 

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On perçoit mieux la chaîne musculaire et la logique élastique du mouvement.

 

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Superposé au mannequin, le muscle devient une série de câble élastiques permettant au corps de se mouvoir et se rééquilibrer.

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L’énergie cinétique des jambes + l’élan + le renvoi du poids du corps par le sol se canalise au niveau du centre du corps. Le premier axe de rotation par lequel passe l’énergie cinétique. La sangle abdominale et le bloc lombaire en bons muscles verticaux gainés correctement renvoyant l’énergie au haut du corps tout en tournant comme une vis, donc encore une fois accélérant et multipliant l’énergie de départ. Le bras droit effectuant une rotation autour du deuxième axe de rotation qu’est l’épaule. Le pectoral droit canalisant l’énergie, transmise au deltoïde avant et le biceps se pliant pour terminer le mouvement. Un bon moyen de se craquer le dos, essayez de faire cette pose juste après le réveil!  

 

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Un exemple de la mobilité des vertèbres. Evidemment, aucune vertèbre ne peut seule faire une rotation de 180°, sinon, c’est la rupture de la moelle épinière. Et là, vous pouvez oublier la marche et un tas d’autres fonctionnement classique de l’humain en bonne santé. Chaque vertèbre a tout de même la possibilité d’un minimum de rotation. Ce qui permet en bout de chaîne une impression pouvant aller jusqu’à presque 90°. La mobilité des vertèbres est aussi dépendante de leur taille et de leur positionnement. Pour soutenir toute la partie haute du corps, les vertèbres du bas sont plus larges que celles du haut, comme pour tronc d’arbre. Il y a la partie rachis thoracique qui intercale les cotes de la cage dans les vertèbres, donc perte de mobilité à ce niveau là aussi. La partie cervicale étant la plus mobile justement grâce a la petite taille des vertèbres et le peu de matière osseuses et musculaires autour.

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Axes de torsions.

Avec cet article, on voit bien que rendre le mouvement passe par un tas de systèmes et de logiques. En s’appuyant sur les règles de la dynamique, on peut exagérer a foison son effet. Mais comme d’habitude, il est bon de partir de la réalité pour ensuite l’exagérer plutôt que de faire l’inverse. Je n’ai pas fait d’illustration montrant ce qu’on peut en faire. Dites moi si ça vous permettrait de mieux comprendre!

Il est important de savoir si la forme qu’on représente est en mouvement ou pas, pour que la déformation prenne tout son sens!

Je vous à bientôt les amis!

Bâ Ismaël

La suite…

Morphologie, forme et dynamisme. Part.3

“Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique ; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent, et l’habitude le remplit.”

De Marcel Proust

Bon, nous avons déjà pas mal vus l’aspect général de la torsion de hanche horizontale, la notion de cinétique et des exagérations qui peuvent y être associées. On va passer a une étude de cas, sur l’équilibre, les tensions et forces de cisaillement contre lequel le corps lutte et par quel moyen. Continuons donc a désosser la forme humaine ensemble!

Partons donc ici sur le cas du statisme. Je prends sciemment une danseuse, car un travail de plusieurs années a permis d’atteindre des limites physiques en rapport avec l’élasticité. Ce qui nous permet d’étudier comment un corps, peut tenir une position a la limite du possible, s’arrange pour que ce soit justement possible.

Rythme: « phénomène périodique associé à l’idée de « mouvement » et s’inscrivant au départ dans la dimension du temps. »

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Danseuse dans une posture que nous sommes peu a pouvoir reproduire parfaitement. Pourtant, elle existe.

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Ici, on voit le rythme de la posture. L’axe central qui est en grande partie verticale. L’horizontalité est équilibrée autour de l’axe central. On est presque en face d’une lettre avec ses pleins et déliés et plus d’un bête véhicule de l’âme. On observe qu’aucune ligne n’est droite, il n’y a que de la courbe, que de la douceur. Ce qui permet du mouvement dans le statique.

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On peut percevoir un effet d’arborescence. La base de l’axe vertical étant la fondation, la racine de la forme générale. La base se trouve plantée dans le sol, canalisée. La ligne se sépare en plusieurs autres comme les branches des arbres. Les lignes suivent donc un mouvement énergétique de bas en haut. Comme si une graine avait poussée.

Structure: « décrit d’une manière générale, la façon dont les éléments participants d’un système sont organisés entre eux. Un phénomène est dit structurel s’il est inhérent au mode d’organisation d’un système, d’une société. »

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Revenons a la statique. Ici, l’axe de gravité est représenté. Il est l’axe le plus pérenne pour que la danseuse ne chute pas. Tout l’ensemble de la posture est structuré autour de cet axe. Membres, muscles, tendons. Tout concours a rendre cette posture possible.

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Ici la position de l’ossature dans la forme.

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On remarque bien que l’ossature propre a ses limites et que seule, elle ne peut maintenir l’équilibre. Mais elle donne un cadre, une structure sur laquelle on peut s’appuyer. On a tous ces mêmes os, par contre, les proportions ne sont pas forcément les mêmes, plus grand/plus petit, plus épais/moins épais. Même la flexibilité et la composition des peut varier et permet plus ou moins à l’os une certaine souplesse.

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Ici, la musculature du dos. Celle qui permet justement de stabiliser l’ossature et donc la posture. Tout humain (sauf accident) possède ces muscles. Mais de même que pour les os, les tailles, densités, élasticité, insertions sont modulables.

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La force, l’élasticité, la solidité tendineuse et les pressions sur les os ont été façonnés par cette danseuse pendant des années. Des exercices spécialisés, des postures étudiées lui permettent cela. Ce que le commun ne pourrait pas forcement faire naturellement. Même s’il en a le potentiel. On peut parler a ce moment là d’homéostasie . On s’adapte intérieurement aux pressions ou message extérieurs et cela de manière très profonde. Evidemment, plus cet état « homéostatique » est long, plus le changement est compliqué, voir impossible. Le corps étant fait pour se dégrader, la manière dont on le frotte a l’extérieur accélère ou ralenti ce mouvement. Mais revenons au dessin et à la cohérence. Il est important d’integrer ce fait dans ce qu’on souhaite représenter. Il est logique qu’un octogénaire, en surpoids et sédentaire a peu de chance de pouvoir tenir cette position.

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Superposition du mannequin de bois. Pour faciliter la représentation, le mannequin de bois est très utile. Il simplifie les formes et facilite la compréhension. Et le dessin, c’est d’abord simplifier, voir symboliser les formes, pour seulement ensuite les complexifier.

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Je conseille donc a tous dessinateurs de passer par cette étape s’ils ont du mal a se représenter quelque chose. Il est des lors plus facile de penser l’équilibre et la forme.

Équilibre: « est le concept qui décrit les situations où les « forces » en présence – les parties dans le cas d’une métaphore – sont égales, ou telles qu’aucune ne surpasse les autres. C’est une notion qui est utilisée dans de nombreux domaines.

Un équilibre peut être statique (une roche, sur le sol lunaire par exemple) ou dynamique (le ballon tenu en équilibre sur le museau d’une otarie, l’équilibre écologique).

Un équilibre dynamique caractérise un système plus évolué où des rétroactions de sens contraire peuvent se produire pour maintenir ou tenter de maintenir un certain niveau dit d’équilibre. Cela peut mettre en jeu des complexes boucles de rétroaction, agissant le cas échéant de manière réflexe. Ainsi les organismes vivants font notamment appel aux systèmes musculosquelettiques et au système nerveux pour permettre des mouvements volontaires, s’adapter au contexte de la pesanteur. Chez l’homme, l’oreille interne permet de maintenir une posture en équilibre quelconque (debout, marche, course…). L’étude et la pratique de l’équilibre seulement se nomment l’équilibrisme et plus particulièrement sur un fil le funambulisme.

L’absence d’équilibre caractérise une situation de déséquilibre. »

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Le changement de position implique un décalage sur l’axe d’équilibre. Poids X distance. Plus la distance est longue, plus le déséquilibre est présent. On reste sur une position statique, mais si on était sur de la dynamique, ce ne serait que la photo du moment de déséquilibre, qu’il a un autre moment serait récupéré par le positionnement de la jambe gauche.

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Correction du déséquilibre. En écartant les jambes, la forme du triangle apparaît. La forme des pyramides, tiens donc? La gravité et son poids c’est aussi une histoire d’empilement. En gros, plus la base est large, plus l’équilibre est solide. L’épine dorsale est plus fine en haut, plus large en bas. La ou les lombaires de la danseuse de la précédente illustration doivent gérer une grande partie de la force de cisaillement. Elle sont ici soutenues par les jambes, et les forces qui passent par cette partie du corps sont diffusées de manière plus naturelle sur les parties basses.

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Découpage du mouvement en gardant des postures équilibrées.

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Découpage du mouvement en gardant des postures équilibrées.

 

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Le cisaillement, c’est un type de déformation appliquée à un matériau. Ici, le corps humain. Il s’agit donc de la force de gravité appliquée aux parties les plus faibles du corps. En clair, les parties les plus mobiles; épaules, hanches, voir genoux. Ici le cisaillement s’applique exagérément au soutient des membres qui sont sur un axe horizontal. Les parties mobiles ont donc, pour maintenir ce type de position, besoin d’une grande force, élasticité et précision.

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Rapport de masses en général. Le gris, représente l’axe vertical, celui auquel s’attachent les parties horizontales. On constate que la partie droite et gauche on un pourcentage plus ou moins égal. L’axe de l’équilibre du corps est logiquement pile au milieu.

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Je reviens ici sur la torsion. Il est possible de tourner le buste dans un angle de 90° maximum, mais pas à 180°. On déchausserait les os de la colonne, les tendons et certainement de la chair. La torsion de 0° à plus ou moins 90° est donc dépendante de la capacité élastique et des forces extérieures. Ici, on est sur du statique, le seul poids réel a gérer, est la gravité. Pour cette danseuse, la torsion est 1 sur le coté, 2 en arrière et 3 en rotation à plus ou moins 65°. 3 angles de torsions que je montre d’un autre point de vue.

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Tension musculaire et points d’encrage. Les muscles sont comme des câbles élastiques. Comme un lance pierre, la force élastique s’appuie sur le support de chaque extrémité élastique et de la manière dont on s’éloigne ou s’approche d’eux. Plus la tension est forte, plus le renvoi sera puissant. Evidemment, un lance pierre avec un seul point d’encrage, impossible de tendre l’élastique. Cette tension permet de solidifier la posture. Pouvoir la comprendre afin de la montrer dans l’oeuvre finale est importante. Elle est signifiante, toujours du geste que l’on veut communiquer.

Voilà pour ce long article. J’en suis d’ailleurs désolé, mais je tenais à être assez complet. Le dessin, c’est une discipline qui en réunit tellement que c’est une discipline sans fin et ça c’est génial. Elle aide a profondément comprendre le monde.

 

Bâ Ismaël

La suite ici…